Compléments informatifs

 

- Dendrobatidés pour débuter ?

Les dendrobatidés ne sont en général pas des animaux difficiles à maintenir et la majorité ne pose pas forcement plus de problème qu’une autre. Voici quelques unes des espèces les plus solides et les plus faciles pour commencer :

Je veux une grosse espèce - chez les Dendrobates on peut commencer par un bon nombre d’espèces dont Dendrobates auratus D. leucomelas D. azureus D. galactonotus D. tinctorius bref en gros tout le groupe tinctorius se prête bien pour faire ses premiers pas dans l’univers des grenouilles colorées. Chez les Phyllobates  tous se révèlent assez facile à maintenir (P. aurotaenia est moins connu et n’ayant jamais maintenu cette espèce je ne m’aventurerai pas trop cependant tout les autres ne pose pas de problèmes) .

Je veux une petite espèce -  en petite espèce les Phyllobates lugubris et les Epipedobates tricolor sont certainement les plus faciles et peuvent comme les espèces précédentes être la première espèce à acquérir (à noter que il existe sûrement bien d’autres Epipedobates, grands ou petits, également très facile à maintenir mais le genre étant limité à quelques espèces présente en captivité très peu sont couramment rencontrée à la vente).

Les espèces du groupe quinquevittatus attirent souvent l’attention de l’amateur. Je ne les conseillerai pas forcement à quelqu’un qui n’a encore aucune expérience dans le domaine. Cependant après avoir appris et maîtrisé les bases du maintient des espèces précédemment citées, certaines se révèlent très accessibles et faciles d’élevages comme les Dendrobates ventrimaculatus (amazonicus) et imitator.

Toutes ces espèces en plus d’un maintient facile,ont une reproduction qui peut s’obtenir assez facilement.

 

- Je veux une grenouille bien visible:

Certaines espèces sont en général plus timides que d’autres et cela à tel point que parfois on ne verra pas souvent sa bête ou dans un laps de temps très réduit. A l’inverse d’autres ne sont véritablement pratiquement pas impressionnées par leur soigneur. Les rois dans le domaines sont les Phyllobates bicolor et surtout les Phyllobates terribilis autant dire qu’après quelques temps dans leur terrarium c’est pas nous qui les effraierons au contraire même, ça en est parfois presque gênant quand, lors de la distribution de nourriture, ces gros pères tentent de sortir  de leur terrarium voir si ils ne seraient pas plus vite servis à l’extérieur. Les Dendrobates azureus et tinctorius ont aussi souvent le même comportement ce sont aussi des espèces que l’on peut espérer voir tout au long de la journée dans le bac. Après sans être forcement aussi familier que les 4 précédents beaucoup d’espèces resteront bien visibles une bonne partie de la journée ne se cachant que lors de l’ouverture du bac et de l’intrusion de mains étrangères. A l’autre extrême on a des espèces très peureuses et souvent à couvert comme notamment les Dendrobates auratus, les Phyllobates vittatus et parfois les Dendrobates galactonotus. Il y a cependant des exceptions, de plus il semblerait que cette timidité soit moins prononcées selon les différentes variétés d’une espèce.

 

- Je veux pouvoir profiter des chants.

Certaines espèces ont un chant plus mélodieux et plus fort que d’autres. Les Epipedobates sont généralement bruyante et le chant de E. tricolor est très agréable et régulier tout au long de la journée. Les Phyllobates aussi sont bruyants, le chant des P. vittatus et celui des P.lugubris sont particulièrement agréable. Dendrobates pumilio ,dont le chant rappele celui des cigales du midi, ainsi que certains Dendrobates imitator agrémentent de façon toute aussi charmante la sonorité de la pièce d’élevage.

 

- Législation:

Les genres Dendrobates Phyllobates et Epipedobates sont placés en annexe 2 de la Convention de Washington cela signifie que leur exportation et leur commerce sont possibles mais contrôlés et régulés par la C.I.T.E.S. . Un animal sauvage devra posséder lors de l’achat un numéro d’identification CITES.

Dans le cas d’animaux nés en captivité en Europe un certificat de cession et/ou une facture accompagnera les bêtes. Penser à toujours le demander.

L’arrêté de Guyane concerne certaine espèce de dendrobatidés à savoir Dendrobates tinctorius Dendrobates ventrimaculatus Epipedobates hahneli Epipedobates femoralis Epipedobates trivittatus Colosthetus beebei Colosthetus degranvillei Colosthetus baeobatrachus .

Il faut savoir que l’arrêté de Guyane marche par espèce ce qui fait que même des variétés issus de pays différents sont aussi soumises à cette loi qui en gros interdit la possession de ces espèces en France métropole. A prendre en compte si vous flashez sur une de ces espèces.

 

- Le venin des dendrobates:

Si la famille des dendrobatidés est bien connu du grand public, c’est principalement à cause de la forte toxicité de la substance que secrètent les genres Myniobates Phyllobates Dendrobates et Epipedobates. Ces substances sont des alcaloïdes lipophiles. Les principaux alcaloïdes sont les histrionicotoxines, les indolizines, la pumiliotoxine A, les décahydroquinolies et les batrachotoxines auxquels s’associent d’autres alcaloïdes secondaires. Ces alcaloïdes agissent au niveau des canaux sodiques et potassiums de la membrane cytoplasmique des cellules nerveuses et/ou de la membrane du reticulum sarcoplasmique des cellules musculaires. C’est la batrachotoxine qui est de loin la plus puissante, et elle ne se trouve que chez les 5 espèces du genre Phyllobates . Phyllobates terribilis possède la plus grosse quantité de batrachotoxine ce qui le rend particulièrement venimeux (ou vénéneux n’ayant aucun moyen direct de l’injecter directement à travers le sang bien que les toxines semblent pouvoir passer à travers les pores de la peau) , il est par exemple 25 fois plus toxique que Phyllobates aurotaenia lui même déjà très dangereux, du fait de l’importante quantité de batrachotoxine qu’il produit. Les autres genres sont bien moins toxique et seul une ingestion peut avoir des conséquences graves

Cependant en captivité cette toxicité semble disparaître, les dendrobatidés semblent synthétiser ces puissants composés moléculaires quand assimilant divers toxines apportées par leur proies en milieu naturel. Il n’a donc à priori aucun risque avec des animaux nés en captivité. A titre d’anecdote il m’est arrivé de prendre des Phyllobates terribilis (nés en captivité bien sur)  à mains nues ceci ayant la fâcheuse tendance à sortir du bac lors des distributions de nourriture, pour les remettre immédiatement dans leur terrarium pour éviter de les perdre aucune séquelle ni sensation quelconque. MAIS ATTENTION CE N’EST PAS UNE RAISON POUR MANIPULER CE GENRE DE GRENOUILLES LES PRENDRE DANS LA MAIN N’EST QU’A FAIRE EN CAS D’EXTREME URGENCE !

En Colombie des populations amérindiennes se servent des sécrétions toxiques de Phyllobates terribilis Phyllobates bicolor et Phyllobates aurotaenia pour enduire les fléchettes de leur sarbacanes pour la chasse ou la guerre.

On a retrouvé (Daly et al.) des alcaloïdes de dendrobatidés (ou des dérivés très proches) chez d’autres espèces d’anoures notamment de la pumiliotoxine 267 C et de l’allopumiliotoxine (sous classes de pumiliotoxines A) chez Melanophrynicus moreinae du Brésil, de l’allopumiliotoxine chez Pseudophryne semimarmorata d’Australie et des pumiliotoxines, des histriotoxines et de l’indoziline chez Mantella aurantiaca et Mantella madagascariensis de Madagascar.

Plus étonnant de l’homobarachotoxine a été découverte dans la peau et les plumes de 3 espèces d’oiseau du genre Pitohui de Nouvelle-Guinée (Pitohui dichrous étant la plus toxique)